État jeune qui prend son indépendance en 1776 et qui est secoué entre 1861
et 1865 par une crise qui a faillit le faire se diviser entre Nord et Sud sur un
problème majeur, celui de l'esclavage. La première guerre mondiale va faire de
se jeune pays en plein expansion, la première puissance économique mondial.
Un système politique original :
3 pouvoirs indépendants les uns des autres. le pouvoir judiciaire, avec un
système de juges nommés à vie, empêche les nominations de complaisances et
les remplacements arbitraires. Le pouvoir législatif divisé en deux chambres,
le Sénat et la Chambre des représentants assurent l'essentiel des décisions
même si le Président possède un droit de veto qu'il peut utiliser à tout
moment.
Les États-Unis connaissent un système bipartite entre Républicains et
Démocrates. Les situations de cohabitation sont assez fréquentes ( c'est le
cas depuis 1994 entre Bill Clinton, démocrates, et la chambre des
représentants et le Sénat, Républicains ).
1 ) Un élan économique sans précédent, 1920-1928.
- La Deuxième révolution industrielle : ce sont les États-Unis qui
saisissent en premier l'opportunité offerte par les hydrocarbures et
l'électricité. A ces nouvelles sources d'énergie correspondent de nouveaux
produits, appareils ménagers, postes de radio, textiles synthétiques et
surtout l'automobiles.
- Les méthodes de travail change, l'introduction de la machine dans le
processus de fabrication transforme les habitudes de travail. Le machinisme que
l'on appelle également TAYLORISME réduit considérablement le temps de
fabrication et permet de ce fait d'accroître la production.
Frédéric Winslow Taylor : Ingénieur et économiste américain,
1856-1915, promoteur de l'organisation scientifique du travail, par
l'élimination des temps morts et des gestes inutiles.
C'est surtout dans l'automobile que les progrès sont les plus nets. En 1909,
une Ford T était assemblée en 14 heures pour un prix de vente de 900 dollars,
en 1925, il ne faut plus que 1 heure 30 pour réaliser ce même modèle pour un
prix de vente de 300 $. Si c'est gain de productivité sont importants ils se
font au détriment de l'originalité, un seul type de voiture, une seule
motorisation, une seule couleur, le Noir. Henry Ford : " Les Américains
peuvent choisir la couleur de leur voiture, pourvu qu'ils la choisissent
noire". La production est standardisée.
- le capitalisme Américain voit la création de grands groupes industriels
qui regroupent des entreprises produisant les mêmes produits afin d'éliminer
la concurrence, ce sont les trusts.
Cette période d'expansion se traduit par une forte augmentation des
salaires, à l'image de se que l'on appelle le fordisme, il faut donner aux
ouvriers les moyens de consommer, d'acheter et trouvera davantage de motivations
au travail.
- "America first". Si cette période voit une expansion
vertigineuse de l'économie, les gouvernements républicains qui se succèdent
à partir de 1920, sous les présidences Harding, Coolidge et Hoover, tout en
coopérant avec les milieux d'affaires tentent de promouvoir les valeurs
traditionnelles de l'Amérique.
- Dans le domaine social, des quotas sont imposés à l'immigration dans un
climat d'intolérance et de racisme puisque la plupart de ces quotas sont fixés
en fonction de l'origine géographique des migrants. Les étrangers sont mal
aimés et rendus responsables de nombreux méfaits, deux italiens SACCO et
VANZETTI, anarchistes et réfugiés aux États-Unis sont condamnés à mort en
1921 pour double assassinats qu'ils n'ont pas commis. Des sociétés jusqu'alors
secrètes, comme le KU KLUX KLAN créée en 1865, affichent en public leurs
théories racistes ou xénophobes, contre tous ceux qui ne sont pas W.A.S.P..
- Dans le domaine moral, le combat pour les valeurs traditionnelles
entraînent une réaction puritaine pour combattre les influences de la
société moderne, le jeu, l'alcool sont interdits, c'est la prohibition
( 1919 ).
- Sur le plan international, cette prospérité doit rester américaine, et
les États-Unis refusent tout engagement extérieur et n'intègre pas la S.D.N.
et décide de s'isoler.
De ces années de prospérité sont nées de nouveaux comportements, une
nouvelle manière de consommer. Une société uniforme régit l'Amérique que
l'on appelle l'American way of Life.
2 ) La crise de 1929.
Contrairement à ce que votre livre pourrait vous faire penser, la crise de
1929 certes est brutale dans l'enchaînement des événements, mais elle ne
débute pas en 1929, mais les premiers signes de crises sont antérieurs. La
prospérité des États-Unis ne va pas s'effondrer à la suite d'une simple
baisse de la bourse.
- Les signes annonciateurs :
- L'agriculture, ce n'est donc pas dans l'industrie que les premiers signes
apparaissent, mais dans l'agriculture. La reconstruction de l'agriculture
européenne et l'apparition de nouveaux pays producteurs entraînent à partir
de 1925 la réapparition d'une surproduction, renforcée par la mécanisation de
plus en plus forte de cette agriculture. De petits paysans se trouvent pousser
à la faillite et à partir de 1925 plus de 600000 paysans par an quittent leurs
terres alors que le salaire des ouvriers agricoles sont à la baisse.
- Les banques connaissent également un phénomène de concentration, trois
grandes banques dominent, Mellon, Morgan, Rockfeller. Cette concentration si
elle montre le dynamisme de l'économie américaine, est également source de
faiblesse, plus le nombre des banques est réduit plus les risques de problèmes
financiers sont importants.
- La production industrielle à partir de 1925 a tendance à stagner, le
marché intérieur semble presque saturé, mais l'accroissement des ventes à
l'extérieur permet aux États-Unis de conserver à son économie un dynamisme
certains. A partir de 1928, l'automobile connaît également des problèmes de
surproduction.
- La bourse, à partir de 1927 le cours des actions s'envolent, la
spéculation se développe, mais pas au profit des entreprises.
- Le 24 Octobre 1929 :
Tout les secteurs de l'économie sont touchés par la surproduction, les
stocks constitués effraient certains spéculateurs qui vont essayer de prendre
leurs bénéfices avant qu'une tendance à la baisse s'empare de la bourse.
Cependant c'est en masse que les actions vont être vendues, 13 millions pour la
seule journée du 24 Oct. 1929, sans trouver d'acquéreurs.
Pour essayer de freiner la dégringolade de la bourse de Wall Street, les
grandes banques dirigées par Morgan rachètent toutes les actions en
circulation. La bourse se redresse mais s'effondre de nouveau quand les banques
essaient à leur tour de revendre ces actions. Leur situation financière
devient très difficile surtout lorsque les particuliers décident de retirer
leurs dépôts en banques. Certaines incapable de restituer l'ensemble des fonds
qui leur avait été confiés font faillites.
"La crise nourrit la crise". Pour écouler leurs stocks, de
nombreuses entreprises baissent leurs prix, ce qui entraîne une baisse des
salaires et une réduction du pouvoir d'achat. La plupart des entreprises qui
vivaient à crédit se retrouvent dans l'incapacité de rembourser leurs
emprunts, et sont obligées de fermer, provoquant une croissance rapide du
chômage. Malgré la destruction de stock, en 1933, 13 millions de personnes (
25% de la population active ) se retrouvent au chômage dans une situation dès
plus misérable, s'entassant dans des bidonvilles qui par dérision ont été
surnommés "Hoovervilles".
Les Républicains au pouvoir entre 1920 et 1932 vont être rendus responsable
de la crise, et lors des élections présidentielles de 1932 ils sont balayés
par le candidat démocrate, Franklin Delano Roosevelt.
3 ) Roosevelt et le New-Deal.
Le personnage de Roosevelt est à l'image de la crise qui frappe les États-Unis
Démocrate qui a fait ses armes en politique à coté de Wilson, il est frappé
en 1921 par une attaque de poliomyélite qui le laisse en partie paralysé. Mais
il réussit à s'affranchir de son handicap pour continuer à défendre ses
idées. Ce qui lui permet, en 1928, de devenir gouverneur de l'État de New-York.
Il s'entoure d'hommes nouveaux, de jeunes intellectuels, banquiers,
journalistes ou professeurs d'université, aux idées parfois opposées, mais
qui forment un groupe de réflexions dynamiques : Brain Trust.
L'objectif de Roosevelt est clair, redonné confiance à l'Amérique. Doc.
1 page 60, un plan est conçu, le "New Deal" : la nouvelle
donne.
- Le premier New Deal
Le New Deal introduit une grande nouveauté dans le système économique
américain par le fait que État intervient directement dans l'économie pour
réamorcer le système et assurer une certaine sécurité, Roosevelt ouvre
l'ère de État Providence. Roosevelt se fait l'écho des idées d'un
économiste américain John Maynard Keynes : le chômage résulte d'une
insuffisance de la demande. Le plein-emploi doit donc être rétabli grâce à
l'intervention de État, qui mène une politique de réformes.
Mars 1933 : Les clients des banques largement débiteurs ou ayant empruntés
obtiennent des délais garantie par État
Mai 1933 : Agricultural Adjustment Act : Les agriculteurs, les "farmers"
acceptant de réduire leur production recevront de État des subventions en
compensation.
: Tennessee Valley Authority : mise en place de grands travaux pour
soutenir l'économie, ponts, routes, barrages hydrauliques, permettant de créer
des milliers d'emplois.
Juin 1933 : National Industry Recovery Act : la constitution des
trusts est interdite, la durée du travail est réduite, salariés et patrons
doivent se concerter pour fixer les salaires et leurs augmentation.
Janvier 1934 : pour soutenir l'industrie et permettre le redémarrage des
exportations le dollar est dévalué de 41%.
Mai 1935 : la Cour Suprême déclare le N.I.R.A. inconstitutionnel
Ces premières mesures ne sont pas d'une grande efficacité même si elles ne
sont pas sans résultats, la misère continue à progresser au même rythme que
le chômage, de nouvelles mesures sont prises, cette fois à caractère sociale.
- Le "second New Deal" :
Juillet 1935 : Loi Wagner accorde la liberté syndicale, les syndicats
deviennent les nouveaux interlocuteurs des patrons pour la signatures de
conventions collectives.
Août 1935 : création d'une assurance chômage, invalidité et vieillesse,
ces mesures sont financés directement par État grâce à l'augmentation du
déficit de son budget compenser par la planche à billet.
Janvier 1936 : comme en Mai 1935 la Cour Suprême essaie de bloquer les
réformes du New Deal en déclarant l'A.A.A. inconstitutionnel.
Malgré l'opposition de la Cour Suprême à majorité républicaine, les
mesures prises par Roosevelt seront appliquer, notamment grâce à sa
réélection triomphale de Novembre 1936.
- Le bilan du New Deal.
Dans le domaine économique, les résultats du New Deal reste un semi-échec,
car il n'y a pas de retour à la prospérité et de ce fait le nombre des
chômeurs reste élevé. Logiquement la misère, sans retour d'une croissance
nette continue à progresser.
Sur le plan politique, à l'opposé de certains pays européens, les États-Unis
n'ont pas basculé dans les solutions extrémistes.